La pratique architecture à l’ère des plateformes

La pratique architecture à l’ère des plateformes

Par Victor Panlou

La pratique architecturale est vouée à évoluer dans les années à venir, dans un monde où le numérique gagne chaque jour un peu plus de terrain dans le quotidien de chacun, que ce soit dans le travail ou les loisirs. A l’ère des plateformes, l’intelligence artificielle est au service de la rentabilité dans le « business model » de milliers d’entreprises. Certains médias parlent déjà d’uberisation de l’architecture avec l’arrivée massive du BIM, en annonçant que « le principe de la plateforme sous contrôle d’un manager va pouvoir généraliser une organisation du travail transnationale totalement opaque à tout contrôle. Peu importe que les prestataires soient diplômés, cultivés. Place à la maîtrise des logiciels 3D requis, de l’anglais, et des honoraires ». C’est justement dans la prospective d’éviter cela que le développement d’une plateforme destinée aux professionnels qualifiés est souhaitable ; sous peine de voir les agences d’architecture perdre leur travail face à une concurrence impossible à combattre. Il ne s’agit donc pas de la prospective la plus réaliste sur l’évolution du métier d’architecte, mais de celle qui permettrait justement au métier d’innover, de se développer, voir de se transformer dans le bon sens. Il reste à trouver des acteurs se sentant impliqués dans cette évolution, et prêts à s’investir dans un projet d’envergure pour le bien futur de tous. Un projet de mise en place d’une telle plateforme aura forcément des conséquences non négligeables, qu’il faut prévoir et évaluer. En effet, que deviendraient les architectes et corps de métier du bâtiment n’utilisant pas cette plateforme ? De nouveaux acteurs feront leur apparition, et ils contrôleront potentiellement la relation client, la relation facturation… voire pire : auront le monopole dessus. Mais cela est un risque à prendre, au profit de la facilité et la fluidité qu’apportera une telle plateforme à la réalisation concrète d’un projet d’architecture. Dans un même temps, cela sera aussi une façon viable de contrer la potentielle uberisation du milieu. Les conséquences positives d’un telle changement sont donc bien plus importantes que les conséquences néfastes, et le métier devra accepter la prise de certains risques s’il veut évoluer, et avoir une chance d’éviter un jour la mise en péril de milliers de professionnels par une technologie qui les aura dépassés.

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